Manif contre la guerre - Discours de Marie-Eve Tejedor |
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Marie-Eve Tejedor, militante de la coaltion contre la guerre, solidaritéS Genève et révolutionS
Genève a connu fin janvier une manifestation spontanée et auto-convoquée, réunissant plus de 4000 collégien-ne-s. Les salles de classe sont abandonnées et la rue devient notre terrain d'expression. Nous avons crié notre refus de la guerre en Irak et, pour beaucoup, du système capitaliste qui y conduit. L'une des principales raisons de cette guerre est le pétrole. Les jeunes refusent cette logique, qui place les intérêts économiques des multinationales et impérialistes au-dessus de la vie.
Nos vies, des gens d'ici et d'ailleurs, valent plus que leurs profits.
Berne vit, aujourd'hui, une manifestation nationale de plusieurs dizaines de milliers de personnes. D'horizons divers, nous sommes réunis pour dire non à la folie guerrière de Bush et ses alliés, non aux pseudo justifications scientifiques et juridiques, non aux résolutions alibi, non au pillage des richesses du sud par les puissances du nord, non aux souffrances infligées aux Irakiens, aux Kurdes et aux Palestiniens, non à un soutien de la Suisse aussi minime soit-il. Tous les barils de pétrole ne valent pas une goutte de sang.
C'est cette logique d'enrichissement, de toute-puissance qui mène les Etats Unis à déstabiliser continuellement l'Amérique latine, à soutenir l'état d'Israël dans son régime de terreur contre le peuple palestinien, à armer un Ben Laden et des talibans quand ça peut servir leurs intérêts de domination. Lorsque le FMI, l'OMC, la Banque mondiale, le G8 et le world economic forum ne suffisent pas à leur assurer une hégémonie indiscutable, ce sont les embargos, les frappes chirurgicales et les armes, qu'elles soient de destruction massive ou non, qui prennent le relais. Les prochaines guerres coloniales sont déjà programmées.
Nous sommes ici pour affirmer notre solidarité aux peuples irakien, kurde et palestinien et notre soutien à toutes les forces démocratiques et laïques d’Irak et du monde arabe. La lutte pour une justice globale doit se poursuivre, s'étendre et se radicaliser face à la barbarie grandissante.
A l'appel du collectif « no war », à Genève et sûrement partout ailleurs en Suisse, quittons nos lieux d'étude et de travail le lendemain de la déclaration officielle de la guerre, réunissons-nous, occupons l'espace public pour refuser ce système, dont la guerre, n'est que l'expression la plus brutale.
Ils ont les médias et la force, nous avons la rue et nos consciences.
