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Attention, l’avion de chasse de Trump arrive !

L’acquisition de nouveaux avions de chasse entre dans une phase intense. Avant les vacances d’été, le Conseil fédéral a présenté son message sur l’acquisition de nouveaux avions de luxe pour 6 milliards. Après le rejet du Gripen, il est clair que les avions de combat américains de Trump ont de bonnes chances dans la compétition qui entoure l’achat des nouveaux avions. Par Lewin Lempert

Sur le site Internet du DDPS, il est écrit noir sur blanc : « Référendum éventuel sur les
nouveaux avions de combat le 27 septembre 2020 ». Le 26 juin 2019, peu avant les vacances
d’été, le Conseil fédéral a publié son message concernant un arrêté de planification au sujet
de l’acquisition de nouveaux avions de combat, pour laquelle il prévoit désormais une enveloppe financière de 6 milliards de francs. L’armée n’envisage pas de poursuivre le plan initial, qui était de lier l’achat de nouveaux avions de chasse à l’acquisition d’un nouveau système de défense sol-air (Bodluv). Toutefois, il manque quelque chose dans l’arrêté de planification : la transparence des coûts. Six milliards suffisent pour acheter de nouveaux avions de chasse. Mais cette somme astronomique ne suffit certainement pas pour faire fonctionner, entretenir et mettre à jour
ces avions de combat. Au total, on peut s’attendre à ce qu’au moins 18 milliards de francs
soient dépensés pendant toute la durée de vie des avions de combat – si tant est que la
population accepte de les acheter. Pour faire suite à la publication du message, un débat
parlementaire est prévu de septembre à décembre de cette année. Commencera ensuite le délai référendaire de 90 jours durant lequel au moins 50 000 signatures valables devront être récoltées. Il n’est pas encore possible de prévoir s’il y aura des retards dans le débat sur l’acquisition. Selon la NZZ, les parlementaires bourgeois envisagent déjà de retirer la mention de l’enveloppe financière de 6 milliards du projet de loi. L’arrêté de planification, qui ne contient déjà ni le nombre exact d’avions ni leur type, deviendrait ainsi, de manière la plus totale, une boîte noire et un chèque en
blanc à l’attention de l’armée. De plus, l’UDC a annoncé qu’elle considère que 6 milliards sont une somme trop petite et qu’il faudrait dépenser au moins 7 milliards pour garantir la sécurité de la Suisse. Une chose est sûre : la course aux avions de chasse a débuté et le camp bourgeois veut tout faire pour débloquer autant d’argent que possible pour ces avions, tout en faisant en sorte que la population dispose d’aussi peu d’informations que possible sur ces acquisitions.

Choix du modèle après la votation
La votation sur les nouveaux avions de chasse se tiendra sans que la population ne sache de quel modèle il s’agira. Mais le choix est devenu plus restreint : le constructeur Saab avec son avion de combat Gripen a été exclu de l’évaluation des avions de combat. En effet, le Gripen E n’est apparemment toujours pas opérationnel. Cela montre une fois de plus que le GSsA avait tout à fait raison de qualifier ces jets d’avions en papier lors du référendum sur le Gripen. Le retrait du Gripen signifie également que les constructeurs américains ont désormais de meilleures chances
d’être choisis. En effet, deux des quatre modèles restants, le F/A 18 Super Hornet et le
F35A, proviennent des États-Unis. Ce dernier a par ailleurs de bonne chances d’être retenu,
étant donné que cet avion de chasse de cinquième génération est particulièrement apprécié de certains milieux militaires. Cela signifie également que la Suisse risque d’acheter un avion de combat de Trump et ainsi de soutenir indirectement ses activités guerrières. À ce propos, il ne nous reste plus qu’à dire : So sad, but no thanks.