Contre la guerre de Poutine

L’invasion de l’Ukraine par la Russie a montré au monde entier de quelles atrocités le dirigeant russe Vladimir Poutine est capable. Alors que les guerres de Tchétchénie, de Géorgie et de Syrie, ainsi que les agissements du groupe ouvertement néonazi Wagner en Afrique n’ont longtemps pas attiré l’attention ou sont tombés dans l’oubli, le monde a désormais pris brusquement conscience des plans d’expansion impériale de la Russie.

De même, la guerre dans l’est de l’Ukraine et l’annexion de la Crimée ont longtemps été considérées par les pays occidentaux comme un simple conflit. Pourtant, de nombreux Ukrainien-nes ne sont pas seulement en guerre depuis le 24 février, mais depuis l’invasion russe de 2014.

La situation des droits humains et la situation économique de la population en Russie se sont encore détériorées ces dernières années. Avec le début de la guerre, la Russie s’est définitivement transformée d’un État autoritaire en un État totalitaire qui présente des caractéristiques clairement fascistes. Il est effrayant de constater que de nombreux partis européens populistes de droite, voire d’extrême droite, ont une grande sympathie pour Poutine. Outre la guerre en Ukraine, la menace réelle des régimes totalitaires est récemment revenue en Europe sous la forme d’Orban ou de Le Pen.

 

La Suisse : complice neutre de la Russie

Pendant des décennies, la Suisse a tiré profit de la surexploitation de la nature russe et de l’exploitation de la population. Après l’effondrement de l’Union soviétique, une grande partie du commerce de matières premières russes s’est déplacée vers la Suisse. Aujourd’hui, la Suisse joue un rôle important dans le financement et le commerce du pétrole et du gaz russes, mais aussi du charbon ou de l’uranium. De grandes banques comme le Crédit Suisse travaillent d’une part avec des négociants en matières premières comme Gunvor, Glencore ou Trafigura, qui sont actifs en Russie, et d’autre part financent directement des groupes comme Gazprom ou l’oligarque Roman Abramovitch.

L’Etat suisse n’a manifestement aucun intérêt à traquer de manière rigide les grandes fortunes russes en Suisse. Après que celui-ci n’a pu se résoudre à soutenir les sanctions de l’UE que sous la pression de la communauté internationale et du mouvement pacifiste, l’enregistrement des avoirs russes ne progresse que lentement. Cette situation est intenable au vu des massacres de civils à Boukha et dans d’autres villes ukrainiennes.

 

Demandes d’asile auprès de l’ambassade pour les objecteurs de conscience et les dissident-es russes

Le GSsA exige que la Suisse joue un rôle actif dans la guerre en Ukraine. En tant qu’Etat dépositaire de la Convention de Genève, elle doit montrer l’exemple et offrir son aide aux dissident-es russes.

Nous demandons l’introduction immédiate de l’asile dans les ambassades pour les objecteurs de conscience et les dissident-es russes. La Suisse apporterait ainsi une contribution substantielle à la prévention d’une nouvelle escalade de la guerre. La motivation de nombreux jeunes hommes russes à effectuer leur service militaire est de nature économique : en raison d’une situation économique déjà mauvaise et de perspectives d’avenir sombres, l’armée représente pour beaucoup la seule possibilité d’atteindre un niveau de bien-être minimal et de percevoir un revenu assuré.

Tout porte à croire qu’en Ukraine, ce ne sont pas les enfants de la classe moyenne de Moscou ou de Saint-Pétersbourg qui se battent et meurent, mais un nombre disproportionné de membres de minorités ethniques et de personnes issues de la classe ouvrière.

Grâce à l’asile dans les ambassades pour les objecteurs de conscience et les dissident-es, il est possible d’éviter que toute une génération de jeunes Russes soit envoyée en Ukraine pour servir de chair à canon aux fantasmes de puissance de Poutine et y devenir des assassins.

 

Stopper le gaz naturel, exproprier les oligarques, abolir les armes nucléaires

La Suisse doit rapidement prendre d’autres mesures en plus de l’asile dans les ambassades. Le commerce des matières premières continue d’alimenter chaque mois le trésor de guerre russe de plusieurs milliards. Une interdiction complète du financement, du commerce et de l’importation de matières premières russes est indispensable. La fortune déjà accumulée par les oligarques russes devrait être expropriée et utilisée pour la reconstruction des infrastructures en Ukraine et le soutien du mouvement de résistance et de paix russe. 

Le GSsA demande depuis des années que la Suisse adhère au traité d’interdiction des armes nucléaires. Entre-temps, une majorité du Parlement s’est également rangée derrière cette exigence. Face à la menace réelle d’une escalade nucléaire de la part de la Russie, le Conseil fédéral doit enfin apposer sa signature sur ce traité.