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Discours 9 novembre

Discours de notre secrétaire politique, Youniss Mussa, lors des commémorations du massacre de manifestants par l'armée à Genève le 9 novembre 1932

Quatre-vingt-cinq ans!
Déjà quatre-vingt-cinq ans et pourtant force est de constater que beaucoup de choses n’ont toujours pas changé… La haine de l’autre est plus que jamais présente face à l’accueil des réfugiés. Le budget consacré au financement des armes de guerre augmente d’année en année, y compris en Suisse, et c’est une honte! L’exportation de matériel de guerre, souvent dans des pays déjà en proie à des conflits internes ne cesse pas. Nous pouvons organiser des conférences de Paix, des convois humanitaires, mais la racine du problème reste la prolifération des armes! C’est elles qui tuent et qui détruisent. Certains font absolument tout pour ne pas voir cette réalité.
Le GSsA, plus que jamais, est prêt à faire cesser cela. En effet, nous avons lancé une initiative fédérale pour mettre fin à l’investissement de l’argent de la BNS et des caisses de pensions dans la fabrication d’armes.
Souvenons-nous de ces jeunes tombés ce soir du 9 novembre 1932. Des vies brisées, des familles déchirées, des destins anéantis.
Souvenons-nous qu’ailleurs, ce n’est pas si loin camarades, des personnes souffrent, et en moyenne 500’000 personnes meurent chaque année à cause des guerres, notamment avec des armes vendues par la Suisse ou financées par notre argent.
Les discours militaristes et populistes, à l’aube d’élections, font malheureusement la Une au quotidien. C’est aussi pour cette raison qu’il est nécessaire de s’engager. Non! nos combats ne sont pas terminés. Certes, nous commémorons ce soir, mais cela ne veut pas dire que ça n’arrive pas ou n’arrivera plus. Il est plus que temps pour la jeunesse de s’engager, car les plus anciens militants ne seront malheureusement pas éternels! Il est de notre devoir et par respect pour nos morts de faire en sorte que leur mémoire perdure pour l’éternité.
Aujourd’hui, je peux témoigner que la jeunesse est malheureusement trop absente. Une démocratie saine se doit d’être représentée par les acteurs des décennies futures.
Nombreux sont les jeunes qui souhaiteraient s’engager mais qui ne le font pas, parce que la politique politicienne ne donne pas envie. Or, j’affirme que la politique doit être un élan, doit donner envie, en dépit de politiciens comme Guy Parmelin, chef du département fédéral de la défense, qui ne sont pas à la hauteur parce qu’ils défendent un seul programme politique basé sur la Peur. La peur de l’autre, l’exacerbation de l’identité du bon Suisse, le renvoi d’exilés, les hausses des budgets de l’armée, de nouveaux achats d’avions de combat, alors que le peuple avait clairement refusé, il y a peu, en 2014, l’achat des Gripen.
Comment donner envie à nous, la jeunesse, de s’engager, défendre le monde, quand face à de tels problématiques, certains rétorquent avec des solutions simplistes de repli sécuritaire?
La jeunesse, dont je fais partie, exige un avenir de paix et de solidarité! Cela commence par dire NON à ce qui touche de près ou de loin aux guerres et à l’armée. J’ai 20 ans et je crois à un avenir sans arme. C’est cela qui motive mon engagement, pour un monde plus juste et plus paisible. Pas seulement ici, mais aussi partout ailleurs.
Souvenons-nous donc de ces 13 personnes, mortes pour leurs idéaux et leurs valeurs, et rendons leur aussi hommage dans les urnes en faisant tout pour que l’extrême droite et la droite populiste ne s’imposent pas à Genève. Nous devons ça à ces 13 victimes et à notre jeunesse qui ne veut plus de toutes ces guerres.
Vive l’antimilitarisme, vive la gauche!