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Une courte défaite sur le chemin vers une Suisse sans armée

En fin d’après-midi du 27 septembre, le résultat est tombé : le peuple a approuvé l’acquisition de nouveaux avions de combat ultra-coûteux. La différence entre le OUI et le NON était de quelques milliers de voix seulement. Même si un tel résultat est décevant, nous pouvons être très fier·e·s de nous : nous avons fait trembler le lobby de l’armement et le DDPS. Le résultat de ce vote marque un tournant dans la politique de sécurité de la Suisse.

À chaque discussion et à chaque événement sur l’acquisition des avions de combat, une chose était sûre : les représentant·e·s de l’armée et des partis de droite qui faisaient campagne pour
les nouveaux avions de combat étaient nerveux. Très nerveux. Ils craignaient que la population
ne dise NON aux nouveaux avions le 27 septembre. Au cours de la campagne de votation, les partisan·e·s de l’achat ont essayé de faire de cette campagne un nouveau vote sur l’abolition de l’armée. Ils n’avaient pas entièrement tort : un NON à ce projet de loi aurait signifié un NON à la politique de sécurité menée par l’armée de ces dernières décennies. Bien que le DDPS ait toujours souligné qu’il n’était pas vraiment engagé dans la campagne, il a tout mis en œuvre pour obtenir le résultat qu’il voulait. À plusieurs reprises, il a franchi la ligne rouge et s’est engagé, on ne peut pas le dire autrement, dans la propagande gouvernementale pour ce projet de loi onéreux. Enfin le 27 septembre, le résultat était là : 49,86 % des votant·e·s ont soutenu notre référendum. Le
taux de participation était très haut et près de 1,6 million de personnes ont rejeté l’achat de
nouveaux avions de combat. En ce dimanche de votations, presque la moitié des électeurs et
électrices ont dit oui à une Suisse sans armée de l’air hautement équipée et par conséquent
aussi oui à une Suisse qui investit son argent dans la paix et non dans la guerre. Compte tenu
du fait que la cheffe du DDPS, Viola Amherd, a déclaré dans des interviews qu’un NON remettrait l’armée en question, le résultat du 27 septembre est une claque retentissante. Car une
grande partie de la population – bien au-delà du camp de gauche- a exprimé une forte critique à l’encontre de l’armée dans les urnes. Ce résultat représente un tournant dans la politique de sécurité suisse et une défaite cuisante pour le Département fédéral de la défense qui ne peut pas et ne doit pas continuer comme avant. Ce dont nous avons besoin, c’est d’un arrêt immédiat des projets de réarmement de l’armée.

Le lobby de l’armement sort de l’ombre
C’est seulement suite à cette décision de la  population que la folie du lobby de l’armement commence réellement. Dans les prochains mois, les fabricants de nouveaux avions de combat feront tout leur possible pour s’assurer que leur avion de combat soit sélectionné par le Conseil
fédéral. La population n’a pas pu se prononcer sur un projet concret, mais seulement sur un
chèque en blanc. Au cours de l’histoire, la population a rarement eu à se prononcer sur un référendum en ayant si peu d’informations sur le contenu concret du projet de loi. Un résultat aussi étriqué souligne encore davantage le manque de légitimité de ce projet.

La lutte continue
Pour le GSsA, une chose est sûre : nous n’abandonnerons pas. Nous suivrons de près le processus d’acquisition qui est maintenant en cours et nous pointerons du doigt toute tentative de corruption, toute magouille ou toute décision peu transparente. Le résultat ayant été très serré, le GSsA envisage le lancement d’une initiative populaire contre un projet concret  d’acquisition de nouveaux avions de combat. Si la moitié de la population soutient un référendum du GSsA, cela montre avant tout une chose : le GSsA continue d’être le moteur de la politique de sécurité et de paix en suisse. La prochaine votation, sur l’initiative contre le commerce de guerre, arrive d’ailleurs tout bientôt. Et une chose est sûre : nous continuerons à nous battre pour une Suisse sans armée. Pour une Suisse qui investit son argent dans la paix et non dans la guerre.

Par Lewin Lempert